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Music4Planet, une ONG qui veut susciter l'engagement et inspirer

  • Photo du rédacteur: ccouplet
    ccouplet
  • 14 avr. 2021
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 21 avr. 2021

Alors que la collapsologie, courant de pensée envisageant l’effondrement de la civilisation industrielle, fait de plus en plus parler d’elle, Alexandre Jubien, fondateur de Music4planet nous paraît être de ceux qui croit encore à un avenir pour l’humanité si nous agissons dès maintenant.





Alexandre Jubien se définit comme un acteur du digital. Il a été pendant 20 ans dans le numérique, en étant le douzième salarié de Deezer a avoir construit l’équipe mobile et les applications mobiles encore utilisées par des millions de personnes aujourd’hui. Il a effectué un travail similaire au sein de Viadeo.

Ce parcours est bien loin de ses premières aspirations puisqu’à l’âge de 10 ans, Alexandre rêvait d’être biologiste marin. Sa passion pour les animaux aquatiques l’a suivie jusqu'à la fin du collège. Quand sa conseillère d’orientation de troisième lui a demandé ce qu’il souhait faire plus tard, il a répondu qu’il voulait créer des plateformes d’élevage de poissons en mer. Cet attrait pour la biodiversité marine lui vient de l’Île de Ré où il habitait étant jeune.

Pourtant, par « des jeux de hasard, par chance et sûrement opportunisme » il a choisi de se spécialiser dans l’informatique en particulier dans les jeux vidéo qu’il affectionnait.


Depuis 7 ans, il est indépendant, conférencier mais surtout consultant de grands groupes où il apporte sa culture des start-up.

Son virage écologique s’est manifesté en 2015 suite à la rencontre avec Karos, une entreprise de covoiturage quotidien et intelligent basé sur l’intelligence artificielle et le mobile. Cette entreprise recrée des lignes de transport en commun basé sur les véhicules des particuliers et de fait permet d’éviter aux collectivités de mettre en place des lignes de bus peu utilisées qui deviendraient très polluantes. Karios lui a fait prendre conscience de l’impact que pouvait avoir son métier : il pouvait servir à aider des projets à impact.

À ce jour, il a participé à environ 80 projets.


Depuis novembre 2020, il se consacre à Music4Planet, une ONG (Organisation Non Gouvernementale) dont l’objectif tient en deux verbes : engager et inspirer.

Ce n’est pas sa première expérience entrepreneuriale. En 2005-2006, il a tenté de créer sa première entreprise, qu’il a décidé de fermer car « il n’avait plus la flamme ».

Or, pour Alexandre Jubien, pour entreprendre « il ne faut pas perdre la flamme, il faut persévérer quand elle est là et quand elle n’y est plus, il est peut-être temps de se stopper ».

Cette expérience, ainsi que sa mission chez WWF, lui a permis de mieux appréhender le lancement de Music4Planet.


Cet ancien Rétois qualifie 2020 d’année « catastrophique », puisque il a été régulièrement dans l'impossibilité de réaliser ses conférences pour les entreprises. Cela lui a donc laissé le temps de d'une part, se former à la fresque du climat et d'autre part, de se consacrer à diverses sujets comme l’entrepreneuriat.

Son projet d’entreprise en lien avec le secteur musical lui revenait régulièrement à l'esprit depuis 2018. Mais, c’est grâce au temps qu’il a pu gagner et à la rencontre d’un de ses associés qu’il a finalement choisi de se lancer dans le projet.


Alexandre nous explique que monter une ONG repose sur la même principe que la création d’une start-up. En revanche, « le business model associatif collait plus à son projet », il était plus pertinent.

Lorsqu’on lui a demandé pourquoi il avait choisi la musique il nous a d’abord répondu qu’il connaissait ce milieu, grâce à son expérience professionnelle chez Deezer. Il a également souligné que l’art pouvait être un grand vecteur de changement. Pour autant, « sur l’engagement écologique, hormis quelques artistes qui font leurs trucs dans leur coin, ce n’est pas l’industrie la plus engagée ». Avec Music4Planet, Alexandre souhaite aider à ce que les acteurs de la musique s’engagent dans la cause environnementale. Et il y a encore du chemin à faire. Par exemple, lors des deux jours « des vieilles charrues », le festival produit l’équivalent en déchet d’une ville de 70 000 personnes.

La musique est aussi un secteur qui l'inspire énormément. Pour lui, « mêler l’art est la science, c’est une bonne idée ». En effet, nous avons besoin de nous référer aux émotions, « l’art apporte une inspiration qui emmène ailleurs », mais aussi d’être rationnels, pour que le changement soit efficace.

Selon lui, un des problèmes de l’industrie de la musique est que l’engagement est trop ancré sur « les problèmes d’hier », qui sont « des causes importantes mais si on ne gère pas les causes climatiques, ça va aggraver les autres causes. Préserver la vie sur terre implique la lutte contre le dérèglement climatique et l’extinction du vivant. »


Le secteur d’activité sur lequel Music4Planet va travailler n’est pas encore précisement définie. Ils ne s’occuperont ni de la partie création ni de l’organisation de grands événements comme des festivals puisqu’il existe déjà des acteurs qui s’en occupent et ils ne sont pas sûr d’être pleinement utiles. Pour l’instant, l’idée d’un podcast est lancée pour permettre aux artistes d’être non seulement des « voix pensantes » mais aussi d’interroger d’autres acteurs de cette industrie.

Une des difficultés du lancement du projet est que les artistes sont assez inaccessibles. Alexandre Jubien peut avoir un contact avec leurs managers mais ils « moins dans l’émotion mais plus dans le business ».


Le fondateur de Music4Planet est persuadé qu’aujourd’hui, « ce qui nous fait rêver ce n’est plus les grandes entreprises innovante mais les start-up à impact ».

Il nous explique que 10% des start-up les plus prometteuses, entreprises appartenant au Next40, sont des entreprises à impact liées à l’environnement telles que Back Market ou encore Blablacar.


Alexandre Jubien est plutôt positif, « Si la France a raté la révolution numérique, elle ne va peut-être pas rater la révolution durable ». La cause écologique prend sa place, attire les investissements et intéresse la jeunesse.

En reprenant la célèbre phrase de Chirac lors du Sommet de la Terre à Johannesburg en 2002 (« notre maison brûle et nous regardons ailleurs »), Alexandre affirme qu’aujourd’hui « notre maison brule toujours, par contre la très très bonne nouvelle c’est que nous sommes de plus en plus nombreux à ne pas regarder ailleurs ».

Pour lui, les entrepreneurs ont d’ailleurs plus de pouvoir pour changer le monde que les politiciens.

La Covid peut être le bon moment pour se lancer, pour les personnes qui ne sont plus en activités. Alexandre conseille cette expérience qui permet de monter en compétence et qui « même si on se plante, est challengeante ».

1 commentaire


e.boubaker
14 avr. 2021

Super article ! C’est vrai que la musique est un vecteur d’inspiration pas assez utilisé aujourd'hui

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