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Eléonore Blondeau : une personnalité inspirante

  • Photo du rédacteur: mvirama-latchoumy
    mvirama-latchoumy
  • 15 avr. 2021
  • 5 min de lecture

Nous avons eu le plaisir de rencontrer Eléonore Blondeau, entrepreneuse et fondatrice de Cleancup, qui à travers son expérience, nous a partagé sa vision de l’entreprenariat et l’importance de l’économie circulaire qu’elle essaie de promouvoir à travers ses multiples engagements.



Voici son récit :


Les débuts (2010-2015)


« Bonjour je m’appelle Eléonore Blondeau et j’ai 29 ans. J'ai fait un bac STG après un BTS assistante de gestion PME/PMI au lycée Ozenne. Après être partie un an à l’étranger, j’ai repris les études en faisant un double cursus de 1 an à Toulouse également au lycée Ozenne. C’était une classe préparatoire aux grandes écoles de commerce et en même temps une licence AES. Et grâce à ça, j'ai pu intégrer l'EM Lyon en 2013. J’ai été diplômé en 2015 et  je n’ai jamais su ce que je voulais faire dans ma vie. J’ai donc fait un stage en tant que chargée RSE dans un grand groupe. Ça ne m’avait pas plus car le taille de l'entreprise était trop grande. Puis j’ai fait un autre stage dans une PME en marketing BtoB dans la transition énergétique. Là, la taille me convenait plus, mais exécuter des tâches sur un bureau me plaisait moins. J’étais très investie dans l’association du développement durable à l’EM Lyon et en août 2015, à la suite de la loi sur la transition énergétique, qui interdisait en janvier 2020 l’utilisation des gobelets plastique, je savais que je voulais travailler dans les « CleanTech » mais je ne savais pas encore à quel poste. Quand j’ai vu la loi passer, j’ai eu l’idée de développer un projet que j’avais eu auparavant. Je ne savais pas au début si je devais créer une entreprise, puis au bout de 3 mois d’hésitation je me suis lancée. »


Cleancup (2015-2019)



« Fin 2015, j'ai donc commencé à travailler vraiment sur le projet Clean Cup. C'était une solution pour supprimer l'usage des gobelets jetables et améliorer l'expérience de boire, qui reposait notamment sur une machine qui va distribuer, collecter et laver automatiquement sur place des verres réutilisables. Donc, il y avait un système de consigne. Si vous vouliez boire de l'eau, vous pouviez boire directement depuis la machine ou utiliser le verre comme un mug dans n'importe quelle machine à café. Et quand vous aviez fini de boire, vous mettiez le gobelet dans la machine, qui lavait le verre et vous récupériez votre consigne.  

On a pendant 4-5 ans, développé le projet jusqu'en 2019. On avait atteint 500 000 euros de chiffre d'affaires récurrent, signé des équipes d’une dizaine de personnes. On avait plus d'une quinzaine, voire vingtaine de prix nationaux et internationaux gagnés. Une centaine d'articles et de visibilité dans les médias. Et un partenaire industriel qui était une filiale de Michelin pour continuer à développer le produit et le projet, puisqu'on a lancé le produit chez différents grands comptes comme la SNCF, la Métropole de Lyon, Assystem, Décathlon Liquide, Sodexo, Nestlé, etc. Fin 2018 - début 2019, on a voulu faire une série A. Donc,  lever des fonds auprès de fonds d'amorçage pour accompagner la pré-industrialisation de produits. Et là, malheureusement, on n'a pas pu trouver les fonds qu'on cherchait parce qu'en fait, il n'y a pas de fonds d'amorçage qui investit dans des projets industriels. Cela combiné au fait que mon partenaire industriel a fait évoluer ses conditions de paiement. Les deux éléments combinés, j'ai dû céder l'activité en redressement judiciaire à plusieurs candidats nationaux et internationaux qui voulaient reprendre le projet. »


Et maintenant ? (2019-)


« Depuis, j'ai rebondi. Deux jours et demi par semaine, je suis salariée en CDI en tant que Directrice marketing et communication dans une start-up du numérique. Je voulais comprendre justement ce monde du numérique.  A côté de cela, je suis en free-lance. J'accompagne mes clients au croisement de la communication ou du marketing, de la stratégie industrielle et du développement produit par une approche innovante basée sur l'économie circulaire. Donc, c'est principalement des ETI que j’accompagne. Aussi, j’ai des activités bénévoles. Je suis au conseil d’administration d’une association qui fait de l'éco responsabilité événementielle. Je fais aussi beaucoup de « woofing » et de chantiers participatifs pour apprendre la vie à la ferme et à gérer une ferme. Enfin, j'ai fait une formation de crêpière professionnelle pour faire des crêpes. Mon projet d’ici quelques temps c’est d’ouvrir un éco lieu, de continuer 2-3 jours par semaine à être dans le business, soit en tant que salariée ou free-lance, et à côté de ça, de gérer la vie à la ferme et d'avoir un éco food truck pour les saisons d'été, pour les touristes. »

Le domaine environnemental


« Je trouve cela challengeant d’entreprendre dans le domaine environnemental. Le monde qu’on connaît n'a pas du tout été conçu en prenant en considération le critère environnemental, il est complètement à repenser. Donc, c'est très challengeant parce que ça consiste vraiment en tout, même une poignée de porte peut être éco conçue. Une poignée de porte peut être faite par des enfants avec un matériau rare ou elle peut être faite à côté de chez nous, avec du bois produit localement. Donc, en fait, vraiment, tout est à repenser, ce qui donne lieu évidemment a beaucoup d'innovations aussi. Pour que les mentalités changent, il faut que ce que tu proposes soit construit d'une manière acceptable et surtout accompagnée. Il y a aussi beaucoup d'outils pédagogiques qui sont créés à côté, souvent pour accompagner le changement. Donc, c'est très challengeant. Il y a plein de critères qui rentrent en jeu : il faut que ce soit viable, acceptable, faisable techniquement, écologique. On travaille dans des dynamiques collectives parce qu'il y a très peu de personnes qui arrivent à intégrer tous ces critères en même temps.

Il faut des efforts et du temps pour faire changer la mentalité des gens. Par exemple quand j'ai lancé CleanCup, c'était fin 2015. Tout le monde disait que la consigne ça allait être trop contraignant. Cinq ans plus tard, on vous dit que la consigne c’est quelque chose d’évident. Pour les convaincre, je disais aux gens que quand vous allez au restaurant, vous mangez dans des couverts qui ont déjà été utilisés par 10 000 personnes avant vous. Il faut faire beaucoup de pédagogie pour faire comprendre les choses. J'ai vraiment le sentiment de participer à cette prise de conscience. »


Sa vision de l’entreprenariat et ses conseils


« Il y a une différence entre entrepreneur et chef d’entreprise.

Entreprendre c'est une attitude. Tu peux être entrepreneur quand tu organises un tour du monde. Un entrepreneur sait prendre des risques, aller de l'avant, se remettre en question, être très curieux, aimer apprendre, etc. 

Un chef d'entreprise c’est un métier comme directeur commercial. C'est plutôt un rôle d’assurer les responsabilités, représenter, déléguer, manager, gérer. Un chef d’entreprise peut être entrepreneur, mais un entrepreneur n'est pas forcément un chef d'entreprise. 

Pour ceux qui souhaitent se lancer mais qui hésitent encore, allez-y ! C'est que de l'apprentissage, dans tous les cas, c'est fantastique. C'est passionnant et très éprouvant, mais en fait, il n'y a pas de meilleur moment pour le faire, surtout quand on est prêt. Qu’on soit étudiant ou plus vieux, il y a des avantages et des inconvénients à chaque fois. Pour les plus jeunes, moins de revenu, moins d'expérience et moins de réseaux. Par contre, on a plus de flexibilité et moins de contraintes. Quand on est plus mature, on a plus de moyens, plus de réseau et plus d'expérience. Cependant on a une famille, des charges etc.

Le meilleur moment pour se lancer c’est quand on se sent prêt ! »



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