Pour un Sourire d'enfant : L'association qui agit pour mener les enfants de la misère à un métier
- Ifrah OSMAN

- 1 avr. 2021
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : 25 avr. 2021
Cette histoire nous est racontée par Fernando Alonso et Marisa Caprile, qui ont pris en charge l’association PSE depuis peu.

Il était une fois, le Cambodge, pays d’Asie du Sud-Est, venant à peine de sortir de 25 ans de guerre. Cette guerre a fait de ce pays, aux beaux paysages variés, une des nations les plus pauvres au monde. Malheureusement, les premières victimes de celle-ci n'étaient autres que les enfants. Ces derniers se retrouvent principalement dans des décharges à ciel ouvert, où certains y vivaient même et y travaillaient. Beaucoup se nourrissaient même des déchets et risquaient leur vie tous les jours dans ce décor inimaginable. C’est dans ce contexte que Christian et Marie-France des Pallières, jeune couple retraités en mission humanitaire à Phnom Penh, au Cambodge, décident de fonder PSE : Pour un Sourire d’Enfant.
Selon nos deux narrateurs, la création de l’association repose sur le constat suivant: ce n’est pas digne de l’humanité de laisser des enfants souffrir de telle sorte. Les fondateurs demandèrent donc à ces enfants et à leur famille ce dont ils avaient le plus besoin. Ces derniers ont répondu qu’ils ont besoin de quoi vivre : de la nourriture, des soins pour la santé, mais surtout de l'éducation pour leurs enfants. Le couple décide donc de retourner en France fin 1995 pour alerter leur famille et leurs amis qui, face à l’urgence, décident de se mobiliser.
Mais c’est l’histoire de Fernando Alonso et Marisa Caprile que nous allons suivre aujourd’hui, et comment est constituée l'association à travers leurs yeux.

Fernando a travaillé toute sa carrière chez Airbus, où il était pilote d’essai, avant qu’il décide de prendre sa retraite il y a deux ans, en 2019. Quant à son épouse, Marisa, celle-ci est professeur d’histoire dans les écoles. Depuis son jeune âge, madame Caprile aimait beaucoup travailler dans les milieux qui favorisent l'éducation pour les jeunes. Mais une fois maman, elle ne trouvait pas forcément beaucoup de temps pour se lancer dans des projets associatifs.
Mais, quand son benjamin a eu 12 ans, une amie lui a parlé d’une association qui travaillait au Cambodge et qui vient présenter ses missions au public. Intriguée, Marisa décide d’y aller avec ses enfants. Elle pensait que ça allait être une simple conférence comme toute autre association et sans plus. Elle a fini par rencontrer les fondateurs lors de cet événement. Ces derniers leur ont projeté un petit extrait qui résumait bien leur objectif et leurs missions. Cette vidéo mettait en avant le niveau de vie déplorable des enfants qui se trouvaient dans les décharges. Tout d’un coup, son instinct maternel a pris le dessus quand elle a vu à travers les yeux des enfants sur l'écran ceux de ses propres enfants. Selon elle, ce n'est pas possible qu’en 2002, il y ait toujours ce genre d'inégalité dans le monde. et que des enfants se retrouvent forcés de manger des ordures alors qu’il y a la présence d’une surconsommation et du gaspillage sans précédent dans beaucoup d'autres pays dans le monde. Leur intervention les a tellement touchés qu' ils ont tous decidé de se porter volontaire quand l'équipe avait demandé qui serait intéressée de participer à l’organisation d’un camp de vacances pour l’été, pour que les enfants cambodgiens puissent être protégés et aidés pendant cette période aussi. Leur première expédition a eu lieu en 2003, durant les mois de Juillet et Août. Ils étaient accompagnés de 19 jeunes bénévoles européens pour organiser les activités.
“Ça n'a pas été que ma volonté, mais celle de toute ma famille, avec nos enfants qui nous pousse chaque année a y participer en famille !”

Mais comme tout nouveau projet, l'équipe rencontre quelques problèmes. Il y a eu tout d’abord le choix des jeunes bénévoles. Malgré leur motivation et leur soif d’aventure, c'était assez difficile pour eux de s’adapter au changement d’environnement. Mais même les adultes étaient confrontés à la question d'adaptabilité. La différence de cultures fait que chacun doit s'adapter à la manière dont les autres travaillent et il faut aussi être respectueux de leur point de vue, car les moniteurs Cambodgiens et Français travaillent ensemble, main dans la main. Il y a aussi les problèmes qui surviennent d’un coup, par exemple, le fait qu’ils s'attendent à accueillir 100 enfants, et 300 arrivent. Mais globalement, les camps de vacances ont rencontré un très grand succès. En 2019, 220 jeunes européens se sont portés volontaires, contrairement aux 19 bénévoles de la première année, pour s’occuper d'à peu près 3000 enfants par jour.
Aujourd'hui, l’association a des antennes régionales partout en France. Une à Toulouse, une à Lille, une à Lyon…Elle a également des antennes à l'international. Par exemple, en Suisse, au Luxembourg, en Espagne, en Angleterre, en Allemagne, et même à Hong Kong ! Quasiment tout le monde travaille en tant que bénévole ! L’association n’a que 4 employés qui résident à Paris et s’occupent du côté administratif (financier et légal) de l’association. Par exemple, c’est ces derniers qui organisent les levées de fonds. Au Cambodge, il y a également la présence de professeurs, bien sûr, pour les écoles.
Pour son financement et sa pérennité financière, l’association ne prend que les dons, les partenariats et les parrainages. Ils prennent très peu, voire pas du tout de financement public. Ils ne se présentent pas non plus à des concours pour toucher à des fonds venant de grandes institutions.
Concernant les partenariats, PSE travaille souvent avec d'autres associations. Par exemple, il y a les Apprentis d’Auteuils, qui exercent à peu près la même activité que PSE, mais en France. PSE a souvent amené leurs professeurs ou assistantes sociales chez eux pour des stages et/ou formations. Ils ont également fait faire un stage à leur responsable pédagogique du Cambodge, dans une école en Espagne qui les soutient aussi. Sur place, il y a aussi une association qui s'appelle l'école du Bayon qui a comme mission d’innover pour mieux former et donner accès à l'éducation aux enfants et aux jeunes défavorisés. PSE a mis en place un partenariat avec eux pour mettre en place une école d’agriculture. L’association est également sponsorisée par la fondation Real Madrid qui envoie des professeurs pour former leurs professeurs de sports au Cambodge. Dès qu’il y a la possibilité, PSE collabore avec d’autres associations.

Cependant, la crise sanitaire actuelle n’a pas épargné leur association. La Covid-19 nous a beaucoup perturbée car au Cambodge, les écoles étaient obligées de fermer le mois de mars 2020 jusqu'au mois de septembre. La plupart de l’année dernière a donc été ratée. Et cette année, les cours ont commencé en octobre, mais une nouvelle fermeture des écoles a ensuite été annoncée fin février/début mars. Evidemment, des enfants, qui habitent dans des conditions assez précaires, sont soit dans les décharges, soit dans les rues. Et comme PSE ne pouvait pas les héberger, il fallait les renvoyer chez eux. Leur équipe locale était obligée de développer un nouveau moyen de continuer les cours vu les nouvelles circonstances. Le problème était qu’internet était plutôt faible, et que tous les enfants ne disposaient forcément pas de moyen pour avoir accès à internet. Donc, les professeurs se sont résolus à imprimer les cours et à les livrer aux enfants chez eux et passer ensuite récupérer les devoirs. Ils se sont tous donnés à fond pour combler le manque d’enseignements du au covid-19.
Aujourd’hui, l'objectif actuel de l’association est de mieux faire ce qu’ils ont déjà mis en place, en s’alliant à l'évolution du Cambodge. Les fondateurs voulaient la meilleure éducation possible pour ces enfants, et Fernando et Marisa veulent continuer sur cette lancée parce qu’on trouve là la force de l’association. Et pour être capable de leur donner la meilleure éducation possible, il faut être capable de changer et d'évoluer avec la société.
Lorsque nous avons demandé à Fernando et Marisa ce qu’un tel projet leur a apporté, ils ont répondu que PSE leur a tout d’abord apporté beaucoup d’humilité. Selon Marisa, "Nous avons souvent l’impression que nous nous connaissons tous mais ce n'est pas du tout le cas, et c’est en voyageant et en voyant comment vivent les autres et leurs histoires et croyances que nous apprenons le plus et nous prenons en maturité. Quand on arrive ailleurs avec notre propre mentalité, très cartésienne, on pense souvent que l’autre doit nous ressembler et que nos propres valeurs sont bien meilleures, mais plus on voyage, et plus on apprend des autres. On a aussi appris à s’adapter, à évoluer au fur et à mesure que de nouvelles données nous sont fournies, et on a appris à être créatif en trouvant d’autres solutions et aussi à travailler en groupe de façon harmonieuse. Nous avons beaucoup aimé voir des jeunes européennes et cambodgiennes, qui croient dans un monde meilleur et qui veulent que les choses changent."
Et pour eux, il ne suffit pas que d’avoir un grand cœur pour créer un jour sa propre association, il faut aussi savoir quel est le besoin qu’on souhaite combler. Il faut avoir les compétences pour le faire, avoir des professionnels qui nous aident. Il faut aussi faire preuve de transparence, on gère l’argent des donateurs qui nous le donne avec bonne volonté, ces derniers attendent donc que nous les gérons avec respect et que l’argent arrive intégralement à ceux qui ont en besoin.
Pour la citation qui les inspire, Marisa nous a fait part celle-là : "Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font du mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire." Albert Einstein.
Merci à Fernando et Marisa pour cette interview très intéressante et très riche,
Pour découvrir PSE c'est par ici : https://www.pse.ong/
D'autres articles vous attendent également sur notre blog,
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L'équipe de l'ODD 4, vous remercie.





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